Un peu d’histoire autour du wax

Une des vidéos Pli Bel utilise du wax pour réaliser un attaché de foulard. Ce tissu est considéré par tous comme une étoffe typiquement africaine, mais son origine est tout autre. Un peu d’histoire autour de ce tissu…

Photo : Imprimé Vlisco  ©Vlisco

Photo : Imprimé Vlisco ©Vlisco

Wax signifie cire en anglais

Cette pièce de coton, aux dessins géométriques et aux couleurs vives, est un tissu dont les motifs sont imprimés à la cire avant sa teinture. Le wax est fabriqué en Hollande et en Angleterre depuis le XIXe siècle, et est destiné au marché ouest-africain.

Batik indonésien du XIXe siècle  ©KITLV

Batik indonésien du XIXe siècle ©KITLV

Le batik

Néanmoins, l’histoire du wax commence en Indonésie. L’ancêtre du wax est le batik, une étoffe typiquement indonésienne. En 1830 les Hollandais occupe Java, qu’ils ont conquis à l’aide de soldats ghanéens enrôlés dans leur armée. Ils y importent des batiks industriels à destination de la population indonésienne.

Production de batik à Batavia, vers 1901  ©KITLV

Production de batik à Batavia, vers 1901 ©KITLV

Bientôt, la production artisanale locale indonésienne de batiks arrive à concurrencer les importations hollandaises. Les Hollandais cherchent alors d’autres débouchés pour leurs productions.

Femme ghanéenne, vers 1883  © Mission de Bâle

Femme ghanéenne, vers 1883 © Mission de Bâle

Fort Elmina – Ghana

Ils les trouvent en Afrique de l’Ouest, où les soldats ghanéens rentrés chez eux et installés à Elmina, y ont introduit le batik.

La javanaise, 1854  ©dbnl, H.W. Lintsen

La javanaise, 1854 ©dbnl, H.W. Lintsen

La Javanaise

C’est Ebenezer Brown Fleming, un marchand écossais, qui se lance le premier dans la production de batik anglais pour le marché africain. Inventée au XIXe siècle, « La javanaise »  est la machine qui permet de fabriquer ce batik différent de son modèle indonésien. Il est spécifique par ses dimensions, ses marbrures (cracking) et ses petites tâches blanches irrégulières (bubbling) et s’appelle désormais wax.

L’usine Vlisco vers 1900, Helmond  ©dbnl, H.W. Lintsen

L’usine Vlisco vers 1900, Helmond ©dbnl, H.W. Lintsen

Cottonpolis

C’est le deuxième nom de la ville de Manchester, cité industrielle textile qui se lance dans la production de wax, comme d’autres villes du nord ouest de l’Angleterre. Les usines hollandaises comme Vlisco suivent.

Superwax ABC  ©ABC

Superwax ABC ©ABC

Vlisco et ABC

Aujourd’hui, Vlisco la hollandaise et ABC l’anglaise, appartenant désormais au groupe chinois Cha, sont les principales usines de production de wax, même si il existe des usines locales dans les pays africains.

Nanas Benz togolaises  ©Manatex

Nanas Benz togolaises ©Manatex

Nana Benz

Au Togo, des femmes entrepreneurs ont bâti jusque dans les années 90 des fortunes colossales sur le monopole de la vente en gros des pagnes wax. D’où leur surnom de « Nana Benz », Benz étant relatifs aux « Mercedes Benz » dans lesquelles elles circulaient.

How to Blow up Two Heads at Once (Ladies)  ©Stephen White

How to Blow up Two Heads at Once (Ladies) ©Stephen White

Yinka Shonibare MBE

D’origine européenne, le wax est considéré par tous comme une étoffe typiquement africaine qui sait s’adapter à sa clientèle et évoluer au gré des modes sur le continent. C’est ce paradoxe qu’on retrouve dans l’œuvre  de Yinka Shonibare, artiste nigérian vivant à Londres.

Sources :

Anne Grosfilley, Afrique des textiles

Nina Sylvanus, Des fils enchevêtrés.Les commerçantes togolaises dans les réseaux mondiaux du textile.



7 Responses to “Un peu d’histoire autour du wax”

  • annie gabrielle dit :

    il est génial ce lien : http://hautecouture.ahibo.com/

  • annie gabrielle dit :

    bonsoir
    j’ai bien apprécié de découvrir votre site, il est super intéressant pour moi et ce que je veux faire plus tard.
    je vie dans les environs de lyon et je cherche des infos sur des grossites qui vendent du wax . j’aimerai ouvrir un commerce dans ce cadre là; et je na’i pas suffisament d’infos . j’ai vue que vous avez plus d’informations que moi et je me demande si vous d’accord pour partager vos infos avec moi.
    je vous remercie et vous dit à très bientot.

    annie gabrielle de lyon

  • woamba dit :

    Chaque tissu africain à son histoire en Afrique!
    Mais désormais beaucoup de pagnes wax viennent de Chine… Comme beaucoup d’autres choses.
    Heureusement il reste la fabrication de tissus artisanaux : bogolans, batiks…
    Vous pouvez en trouver des exemples sur http://www.fasoboutik.com
    A bientot

  • Bellebene dit :

    Tres interessant ton article!
    j’étais loin de m’imaginer la richesse de l’histoire des tissus que l’on utlise pour nos tenues « african style »…

  • africaine dit :

    Annick merci pour ta réponse.

    Bonne continuation.

  • Annick dit :

    Bonjour africaine,

    Ta question est intéressante, cependant elle demande une réponse très longue, car tu dois te douter qu’il y a une grande variété de tissus et de sociétés qui les fabriquent en Afrique de l’Ouest et centrale.

    Ici j’ai parlé spécifiquement du tissu wax, et le sujet était surtout de faire un point sur son origine européenne. Quant aux entreprises africaines qui en fabriquent sur place, voici quelques exemples : Sobetex au Bénin, Woodin en Côte-d’Ivoire, Comatex au Mali, ou Sotega au Gabon…

    Je prévois d’aborder d’autres tissus africains comme le bogolan dans d’autres articles.

  • africaine dit :

    Merci pour ce cours d’histoire. Quels sont finalement les tissus produits en Afrique de l’ouest et centrale ? Quelles sont les entreprises et sociétés textiles de ces pays ?

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